Le défi est lancé : Cet été, nous allons vivre le Canigó de façon magique !

On oublie les itinéraires dits “classiques” pour vivre notre Montagne autrement.

On m’avait déjà parlé des crêtes du Barbet, mais peut-être inconsciemment, je n’étais pas encore prête à les arpenter et à “prendre” ce que le Canigó allait m’offrir.

 

En effet, cette ascension se prépare, physiquement mais aussi mentalement. Pour moi, cette randonnée a été un vrai cheminement intérieur. J’avais tant envie d’être en symbiose avec celui que je regarde tous les matins et qui me guide depuis 15 ans.

Lampe frontale ✔ Carte ign ✔ Trousse de secours et couverture de survie ✔ Bonnet et foulard ✔ Coupe vent ✔ Vêtements ultra chauds ✔

Les préparatifs !

L’itinéraire est étudié avec minutie et le programme bien ficelé.

Nous monterons avec un transporteur 4x4 jusqu’au refuge des Cortalets en fin d’après-midi, la veille. Nous installerons nos tentes, un peu en retrait de l’itinéraire classique qui conduit au Pic Joffre, nous participerons au dîner soigneusement concocté par l’équipe de Thomas, Gardien du refuge. Avant de nous coucher, nous prendrons le temps de plonger dans la voie lactée. C’est la nuit des étoiles filantes. Nous en verrons quelques unes et ferons des voeux qui resteront secrets ;)

3h30 …

 Le réveil sonne à 2150 mètres. Nous avons peu dormi, sûrement l'excitation de la journée qui allait nous attendre. Habillés chaudement, nous prenons quand même le temps de grignoter et boire un thé (nous avions pensé à prendre une thermos avec de l’eau encore chaude).

Malgré que nous soyons en août, il fait frais à cette altitude,d’autant plus qu’il est 4h00 du matin. Je suis bien contente d’avoir pris mes vêtements techniques, bandeaux, bonnet et gants, si si !

 

Après avoir rempli les gourdes d’eau fraîche à la source du refuge, nous nous attardons encore quelques minutes, derrière celui-ci, pour observer la lumière des villes en contrebas. A ce moment là, nous sommes emplis d’une attente unique. Sac bien campé sur le dos, rempli de tout ce dont nous avons besoin pour une randonnée en toute sécurité, nous sommes prêts pour cette ascension qui s’annonce grandiose. Nous la commençons alors, en suivant la direction des crêtes du Barbet. Le balisage est bien présent, impossible de se perdre, même de nuit.

Un début de randonnée très particulier

C’est la première fois que je randonne de nuit, avec une lampe frontale. Nos sens sont en exergue.  La perception de son environnement est complètement différente de nuit qu’en pleine journée. On prend davantage conscience de ce qui nous entoure. On fait bien attention où on pose le pied et notre ouïe devient sur-développée. Nous comprenons que nous sommes encore en sous-bois, mais notre environnement se dégage. Nous serpentons sur le massif et nous élevons rapidement. En contrebas, d’autres randonneurs ont aussi entamé leur ascension. Ils ressemblent à des lucioles qui virevoltent dans la nuit.

Nous marchons d’un pas rapide pour ne pas être pris par le froid et surtout pour atteindre l’endroit dont Thomas nous a parlé la veille pour admirer le lever du jour. Nous y parvenons alors quelques bonnes minutes avant que le soleil apparaisse. Nous prenons alors le temps de profiter de cet instant. Le soleil se lève sur la Mer Méditerranée, le panorama est complètement dégagé. C’est juste Waouh !!! Plus rien ne compte, juste ce moment magique. Sans rien dire, nous nous regardons les uns et les autres et savons que nous sommes en train de vivre quelque chose d’unique dont nous nous souviendrons longtemps.

Rouge

La route n’est pas finie et de rester là quelques instants nous a saisis de froid. Nous reprenons notre chemin pour nous arrêter encore quelques minutes plus tard, car maintenant c’est le Canigó qui est en train de se parer de rouge. Je pourrais rester là des heures. Je suis comme seule au monde, devant lui, ce majestueux pic qui m’offre ce matin sa plus belle silhouette. Comme un pèlerinage, je pense à toutes les personnes qui m’accompagnent dans mon coeur durant cette ascension. Chacune à leur tour, je vois leur visage et profite de ce moment pour elles. Le soleil gagne petit à petit du terrain et nous réchauffe par la même occasion. Nous mangeons quelques fruits secs et brioches et buvons un bon jus de fruits vitaminé et repartons car nous ne sommes pas au bout.

Nous arrivons à la Porteilla de Valmanya. Les isards sont là, tranquillement installés au soleil. C’est d’abord une petite dizaine que nous apercevons, puis, en regardant attentivement, ils sont bien une trentaine. Nous ont ils vu ? Sentent ils qu’on ne leur veut que du bien ?.... Nous en profitons pour faire quelques photos.

La Porteilla de Valmanya est contournée. Nous voici face à elle….La cheminée est là, devant nous. Encore lointaine, mais nous savons que c’est notre dernière étape avant le sommet. Même impressionnante, elle ne me fait pas peur, plus peur. Je l’ai déjà vaincue une fois.

Elle est là, elle nous appelle. Il est alors 9h00, l’heure idéale pour la défier avec fierté.

Chacun à son rythme, nous cheminons dans le dédale de roches jusqu’à arriver juste à son pied. Nous suivons le balisage jaune, qui permet de nous tracer une voie, plus accessible. Je ne regarde que très peu derrière moi (il faut dire que j’ai le vertige). Mais tranquillement, sans être pressée, je monte, j’agrippe les roches et j’arrive enfin sur le pic.

Un 360° au pic du canigo

On y est !

Une fois un sommet, j’échange des regards complices qui en disent long sur ce qu’on vient de faire, des rires, un "check" dans les mains de mes “co-équipiers” d’un jour, des selfies bien sûr, et des discussions avec les randonneurs matinaux aussi. Le monde est devant nous, la vie nous appartient.

Nous sommes bien là, au soleil, sur l’Olympe des Catalans. Arrivés dans les premiers, le pic est tout à nous. Petit à petit, d’autres randonneurs arrivent. Il est temps pour nous de redescendre et de leur laisser à leur tour leur moment avec notre montagne sacrée.

La descente est plus rapide, plus légère, plus aérienne. Nous sommes encore sur notre petit nuage. Nous croisons alors les randonneurs arrivés un peu plus tôt au refuge avec les transporteurs 4x4. Il commence à faire chaud. Ils vont sûrement plus souffrir de la chaleur que nous, alors je n’hésite pas à leur glisser quelques mots gentils surtout aux personnes âgées et aux enfants.

Nous voilà pratiquement arrivés au refuge et en regardant devant moi, je vois l’itinéraire que nous avons fait la nuit dernière. Je me dis qu’on y était cette nuit là haut, presque à toucher les étoiles (filantes) qui crépitent encore dans mon regard.

Nous repassons voir Thomas. Il est aussi content que nous de notre ascension. Sans ses bons conseils, nous l’aurions vécue différemment. Apparemment, selon ses dires, le lever de ce jour était particulièrement beau. Je lui réponds que je ne peux pas faire de comparaison, mais effectivement, nous avons été émerveillés.

 

Le 4x4 nous attend. J’ai du mal de quitter le lieu. J’ai encore des moments à vivre ici. Je me promets alors de revenir l’an prochain. Tous assis dans le véhicule qui se fait chambouler par la piste du Llech, nous regardons s’éloigner le Canigó. Je suis sûre qu’ils ont eux aussi cette petite voix qui est en train de leur dire “oui, tu l’as fait, tu y étais ce matin ! “


Le Canigó, une aventure humaine, un dépassement de soi, des rencontres, des émotions, qui à chaque fois sont différentes, uniques.Cette montagne est magique, elle vous "happe" et vous prend en son sein. Une fois qu'on y goûte, impossible de ne pas la caresser encore. une histoire d'Amour !

Infos + 

Retrouvez toutes les photos prises durant cette ascension sur notre album FLICKR

Vous avez, à votre tour, envie de vivre l'expérience Canigó en Conflent ? Nous vous invitons à la partager sur les réseaux sociaux avec le hashtag officiel de la destination #justcanigo

Enfin, on ne vous le dira jamais assez : Soyez prudents et prévoyants : On ne part pas à l'aventure sur le Canigó. Un minimum de préparatifs (aussi bien physique que matériel) est obligatoire.  Malgré un bon balisage, nous recommandons vivement d'avoir une carte IGN dans le sac à dos et d'indiquer à plusieurs personnes l'itinéraire que vous emprunterez.

 

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