Ce week-end, c’est décidé, on reprend les bonnes habitudes et on va arpenter les contreforts de notre montagne magique !
Habitant à Vernet-les-Bains, avec Chéri, on souhaitait un départ proche de chez nous, sans avoir besoin de faire beaucoup de voiture. On jette notre dévolu sur l’itinéraire qui rejoint le refuge des Cortalets par la piste forestière de Balatg. Au programme : 1220 mètres de dénivelé +, 13 km. La fiche rando indique 5h aller, soit un peu moins de 10h aller/retour. 
La dernière fois que nous avons emprunté le chemin forestier de Balatg, nous étions un peu pressés, et n’étions pas arrivés au refuge des Cortalets. Au col de Voltes, nous avions repris le sentier (trop abrupt pour moi, mais plus court) pour redescendre. Cette fois-ci, nous avons tout notre temps.
 
chemin forestier de balatg
Nous commençons la randonnée au Col de Millères à Fillols, presque les yeux fermés, car l’itinéraire emprunte la piste forestière. Elle n’est plus utilisée par aucun véhicule. C’est très agréable, car elle serpente lentement et propose un sentier d’interprétation aménagé par le Canigó Grand Site de France qui vous plonge dans l’histoire des lieux.
Quand je dis les yeux fermés, je m’entends, car on est rapidement subjugués par les beaux points de vue sur les vallées et les massifs environnants qui s’offrent à nous. J’adore marcher de bonne heure. Cela me donne toujours l’impression que la nature est tout à nous, c’est le meilleur moment pour être en osmose avec notre environnement. Je marche en pleine conscience, les sens sont en éveil. C’est un instant à moi qui me fait un bien fou. Le thym dispense déjà sa senteur méditerranéenne. J’en écrase un brin entre mes doigts, il doit être citronné celui-ci. C’est un régal.
Je sais que la randonnée qui m’attend est longue alors, je prends mon temps et garde mes forces pour un peu plus haut. L’itinéraire jongle entre montées et plats, répartis de façon régulière. 

Un peu d'histoire

En plus des vues à couper le souffle, les panneaux du Canigó Grand Site nous permettent d’en connaître un peu plus sur le massif. On apprend alors que ce chemin forestier est resté durant des siècles l’unique accès au Massif du Canigó.  La vocation première de ce sentier fut d’abord la montée en estive des troupeaux avant d’être utilisé pour l’acheminement du charbon de bois et enfin celui du minerai de fer vers les forges du piémont.
A la fin du 19ème siècle, l’utilisation de la dynamite fabriquée à l’usine Nobel à Paulilles permit de remanier considérablement son tracé exposé aux avalanches, chutes de rochers et autres glissements de terrain tant la pente est forte sur cette partie du massif.
Le chemin fut élargi et un tunnel percé sur zone en falaise appelé « Escala de l’Os » (échelle de l’ours) afin de faciliter la circulation des charrettes, puis celle des premiers véhicules à moteur.

Sur l’itinéraire, nous croisons successivement deux rochers aux formes particulières : La tortue et Henri IV. Impossible de ne pas les immortaliser en photo.
chemin forestier de balatg

Vue magique

Puis, nous arrivons à une table d’orientation, le point de vue est fascinant. On distingue d’ici le Madres, le Coronat, la chapelle de Belloc, le Carlit, et même Bugarach. On prend le temps pour admirer le paysage et repartons après une bonne rasade d’eau fraiche.
La fameuse Escale de l’Ours est en vue, je vois poindre le panneau, mais qu’à cela ne tienne (dans mon souvenir, le tunnel était juste après), une montée raide nous attend avant de passer dans cette fameuse roche creusée.
 
La nature est toujours aussi fascinante et stimulante. Les fleurs de montagne font les timides malgré elles. A quelques endroits, nous coupons par des petits raccourcis qui évitent d’aller jusqu’au prochain tournant. Les herbes sauvages me chatouillent les mollets et les cuisses, un stimuli supplémentaire que j’apprécie à sa juste valeur.

Le refuge de Balatg n’est plus bien loin. Alors on redouble de discrétion. Lors de notre première montée, nous avions eu la chance de passer un long moment avec un isard, pas farouche, qui nous avait tenu la grappe à quelques mètres de nous pendant notre pique-nique. Nous aimerions tant le revoir…. Ce ne sera pas pour cette fois-ci.
 

Délaisse les grandes routes, prends les sentiers.

Pythagore

Col des Voltes

Nous arrivons au Col de Voltes, 1838 m. Il nous reste donc 300 mètres de dénivelé avant d’atteindre notre but. C’est ici même que nous étions redescendus la dernière fois pour rejoindre notre point de départ. Pour l’avoir pris une fois, je préfère redescendre par la piste beaucoup moins « casse-patte ». Mais chacun ses habitudes en randonnée, alors je vous laisse le choix pour votre prochaine rando. Les panneaux indiquent encore 3km et 1h15 de marche. Ca devient bon !!
Nous voilà maintenant à la Jasse des Petits Cortalets, un bel endroit pour pique-niquer. Il y a même un petit refuge non gardé et des places à feux. Si vous voulez voir des marmottes, c’est en général ici qu’il faut prendre rendez-vous. Décidément, aujourd’hui, ce ne sera pas non plus pour nous, malgré notre discrétion légendaire.
 
refuge des cortalets

Presque arrivés au refuge

Il est grand temps d’arriver pour moi. Les dernières centaines de mètres jusqu’au refuge sont dures.  On quitte la piste pour récupérer le sentier. On traverse alors le « jardin » des Cortalets, les rhododendrons sont en fleurs. Les couleurs pètent de partout. Je prends plaisir à marcher lentement sur cette herbe toute tendre, j’ai l’impression de rebondir. Il ne m’en faut pas plus pour me requinquer avant le refuge.
Enfin, le refuge des Cortalets. Le temps a tourné, c’est ça aussi la montagne. Les nuages arrivent vite. Notre casse-croûte dans le sac attendra un peu, nous allons dire bonjour à Thomas et son équipe et commandons une bière des Cortalets (attention, l’abus l’alcool est dangereux pour la santé). J’aime l’ambiance des refuges, chacun parle de son expérience, écoute l’autre. Le temps s’arrête. Il est l’heure de manger. Passent au même moment deux assiettes avec des burgers maison… Elles me donnent l’eau à la bouche. On demande s’il est possible d’en commander. Je comprendrais si ce n’était pas le cas. On me répond de suite que si….. Super ! Thomas nous installe près de la cheminée où le feu crépite. Quel bonheur….. Il n’en faut pas plus…. On prend alors le temps de manger, au chaud avant de redescendre alors que les nuages sont toujours là.
Une heure après notre arrivée, ragaillardis par ce bon repas, les sacs bien ancrés dans notre dos (toujours aussi remplis avec notre pique-nique), nous commençons notre redescente. 
 

Le retour

Juste après le refuge de Balatg, nous récupérons l’ « ancien chemin de Balatg », c’est un sentier qui « coupe » un peu les lacets. Pas forcément balisé, ni même entretenu, mais cela permet un peu moins de monotonie.
La bonne pause aux Cortalets a chassé la fatigue, la descente est plus rapide. Nous ne croiserons pas d’isards, mais l’œil de lynx de chéri s’attarde sur quelque chose posé sur un rocher. C’est un bois d’un jeune isard. Quelle beauté !
C’est avec ce trophée que nous continuons sur le chemin du retour. Cette randonnée est inspirante. Nous sommes en harmonie  avec cet environnement dépaysant et vivifiant. Nous arrivons au Col de Millères, mais notre esprit est encore en altitude. C’est certain, que nous reviendrons fouler ce terrain de jeux captivant.
 

Infos pratiques et conseils :

  • Téléchargez la fiche rando.
  • Partez tôt le matin pour éviter les grosses chaleurs.
  • Vous trouverez une source au refuge des Cortalets, celle juste après Balatag coule vraiment doucement.
  • Bien évidemment des bonnes chaussures de randonnée
  • Coordonnées du refuge des Cortalets : 04 68 96 36 19, cortalets@yahoo.fr, refugedescortalets.ffcam.fr
  • Ouvert de fin mai à début octobre de chaque année
  • A faire sur 2 jours en couplant l’ascension du pic, avec une nuit au refuge ou en bivouac

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