Ce sommet emblématique du Roussillon culminant à 2784 mètres a une riche histoire.  Autrefois, des hommes le gravissaient de nuit pour récupérer des blocs de glace (de plusieurs dizaines de kg) sur le glacier du Canigou afin de pouvoir rafraîchir la riche clientèle thermale de Vernet-les-bains. Pour rendre hommage à ces valeureux porteurs de glace, un événement sportif est né en 1905 à l’initiative du Club Alpin Français : une course pédestre proposant l’ascension du Canigou au départ de Vernet-les-bains et dont les compétiteurs avaient une charge de 8 kg sur le dos.

Après une longue interruption, la course renaît dans les années 1980 et connaît de nos jours un vif succès. En effet, ce sont près de 800 coureurs qui s'élancent chaque année le premier dimanche d’Août sur cette course de montagne considérée comme l’une des plus difficiles (34 km, 2100 m de dénivelé positif) mais aussi la plus convoitée du département.

En effet pour décrocher le précieux dossard, il faut s’y prendre plusieurs mois au préalable : en Janvier, au plus tard en Février.

Le championnat du Canigou est devenu le Rdv sportif des trailers, coureurs de montagne du département et de plus loin (40% des participants venaient d'autres départements en 2014).

Tous concurrent renouvelant son expérience sur l'épreuve aura pour objectif d'améliorer son propre record, certains se préparant durant un an auparavant pour tenter d'atteindre leur objectif.

Si le record masculin sur l’épreuve est de 2h58 (détenu par le catalan du Sud Jessed Hernandez) et le record féminin de 3h45, il faut savoir que seulement une trentaine de compétiteurs franchissent la ligne d'arrivée en moins de 4h00. En 2014, le temps moyen des compétiteurs fut de 5h40. A l'image des porteurs de glace d'autrefois, certains coureurs réalisent l'épreuve avec une charge de 8kg sur le dos. Le temps record masculin dans cette catégorie étant de 4h10, et le record féminin de 5h27.

 

Mon expérience sur la course du Canigou

Pour ma part, pratiquant la course à pied en montagne, étant née au pied du Canigou et le contemplant chaque jour, cela représentait quelque chose de fort de pouvoir participer à cette épreuve. C'est en 2010, que je m'élance pour la première fois sur le parcours menant à la montagne sacrée des catalans, que je termine en 5h36. Malgré la difficulté et la peine éprouvée cette année-là, c'est aujourd'hui une compétition que j'inscris d'office sur mon calendrier sportif (sauf en cas d'empêchement majeur !).

Si en 2012 et en 2013,  je réalise l'épreuve respectivement en 4h43 et en 4h37, c'est l'an dernier que je mets le moins de temps pour franchir la ligne d'arrivée.

Après avoir emprunté sentiers et pistes dans une forêt de pins et de sapins pour atteindre le refuge de Mariailles où un groupe de percussionnistes brésiliens nous attend pour nous stimuler, il faut traverser la rivière du Cady pour rejoindre le refuge Arago. C’est à partir de cet endroit-là que l’oxygène commence à manquer…

Une fois arrivée au pied du sommet, un long sentier dans les éboulis où cours duquel je rencontre mon ami qui m'apporte tout son soutien, nous conduit jusqu’à « la cheminée », ces quelques mètres de roche à escalader.

J’atteinds enfin le sommet en un peu plus de 3h de course et là c’est l’apothéose : je touche la fameuse croix du Canigou et m’accorde un instant pour admirer le magnifique panorama qui s’offre à moi. Le chronomètre tourne, il faut désormais penser au retour !

Je bascule sur la descente, la partie que j'affectionne le plus. Une descente technique nous permet de rejoindre le chalet des Cortalets. Mon père y est posté, il m’encourage et en profite pour me faire quelques recommandations pour la suite qui se poursuit dans une forêt de pins et de sapins. Le parcours continue ensuite à travers une piste dans la garrigue où la chaleur et la fatigue commence à se faire sentir !

L’arrivée au ravitaillement des « Citernes » marque le "début de la fin" et s’ensuit un sentier dans les sous-bois. Des encouragements et des voix familières me donne la force de gravir une des dernières montées de la course, en haut de laquelle se trouve mon frère. Il connait bien la course pour l'avoir couru à plusieurs reprises et l'avoir gagné deux fois (en 2010 et en 2013). Je poursuis la descente avec mon coach à mes côté qui me soutient moralement, avant de parvenir à une route goudronnée. Un kilomètre me sépare désormais de la ligne d'arrivée, je serre les dents, je sais qu'il ne faut rien lâcher. Je commence à voir des individus en bordure de route, lancer des encouragements et puis arrive le dernier virage où sont massés de part et d'autre de la route des spectateurs applaudissant. Tandis que je tape dans les mains des enfants se trouvant sur mon chemin, un large sourire commence à se dessiner sur mon visage. Il reste une dernière ligne droite, je fais un dernier sprint, juste pour le plaisir, juste pour me dire que j'aurais tout donné à cette montagne qui m'est si chère et que j'aurais réussi à dompter aujourd'hui ! A l'arrivée, au bout de 4h27 d'effort, je titube un peu, je ne sais plus trop où je suis ni ce que les gens que je croise me dise, je suis juste partagée entre une grande fatigue et une joie immense. Je vais rejoindre mes compagnons de course où chacun fera part aux autres de "sa course du Canigou".

Le championnat du Canigou, un évènement sportif à partager en famille, entre amis mais à vivre absolument en tant que coureur, randonneur ou spectateur ! 

Commentaires

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Qu'est ce qu'elle est forte notre Agnès ! Ca nous donnerait presque envie de la suivre ;)